Le pôle Mathématiques poursuit activement ses réflexions

Publié le 9 juillet 2026
par a.vangaeveren

Les mathématiques pour toutes et tous : L’ISFEC Île-de-France s’engage pour le plan « Filles et Maths »

Le pôle Mathématiques de l’ISFEC Île-de-France poursuit activement ses travaux et ses réflexions autour de la didactique et de l’enseignement des mathématiques. Cette démarche globale s’adresse aussi bien à nos étudiants qu’aux enseignants et formateurs des 1er et 2nd degrés.

Récemment, nos équipes se sont penchées sur un sujet sociétal et éducatif majeur : le plan « Filles et Maths ».

L’objectif ? Encourager la mixité et garantir l’égalité des chances dans les filières scientifiques. Découvrez le fruit de nos échanges et nos propositions concrètes pour rendre les mathématiques plus inclusives, accessibles et inspirantes.

Le constat : Un « effacement » progressif des filles dans les sciences

Les chiffres parlent d’eux-mêmes et appellent à une prise de conscience globale :

  • En classe de Seconde : La parité est globalement respectée avec 55 % de filles.
  • En classe de Terminale : La présence des filles chute drastiquement pour atteindre seulement 28 % dans les spécialités STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques).
  • Dans le supérieur : Le taux de femmes stagne entre 20 % et 30 % dans les filières scientifiques.

Pourtant, cette disparité ne repose sur aucune différence de compétences ou d’appétence réelle. Alors, comment expliquer cet « effacement » progressif ?

Plusieurs causes ont été identifiées lors de nos récents échanges avec M. Jean-Philipe Poutrel, Inspecteur de l’académie de Paris :

  • Le poids des représentations : Les maths sont encore trop souvent perçues comme une discipline réservée aux hommes
  • L’Effet Matilda : Une invisibilisation historique des femmes scientifiques qui prive les jeunes filles de modèles […].
  • Le manque de confiance : Les filles éprouvent souvent davantage d’anxiété et se sentent moins légitimes, un sentiment parfois renforcé par des biais d’orientation où l’on incite plus un garçon à tenter certaines filières scientifiques « prestigieuses ».

Le rôle de l’enseignant est crucial pour inverser cette tendance.

Voici quelques pistes concrètes : pour une pédagogie plus égalitaire dans nos pratiques :

1️⃣ Changer le discours et l’évaluation : Valoriser la maîtrise plutôt que la [rapidité de résolution] […] et souligner que la réussite est le fruit du travail plutôt que d’un don inné.
2️⃣ Agir sur la prise de parole en classe : Veiller à l’égalité du temps de parole et encourager les filles à proposer des initiatives de résolution […]
3️⃣ Favoriser l’identification : faire rencontrer aux élèves des chercheuses, des professionnelles, mais aussi des étudiantes pour briser les stéréotypes.
4️⃣ Repenser les supports : Présenter les mathématiques dans des contextes concrets et quotidiens pour en démontrer l’utilité directe.

Analogie pour conclure : On peut comparer l’accès aux mathématiques à une course d’obstacles : là où le parcours semble dégagé pour les garçons, les filles doivent franchir des haies invisibles de stéréotypes et de doutes. En tant qu’ éducateurs, enseignants et formateurs, notre rôle n’est pas seulement de les encourager à courir plus vite, mais de démonter ces haies pour que la ligne d’arrivée soit la même pour tout le monde.

Article rédigé par Laurence TRICOT, responsable du Pôle Mathématiques, Secteur Innovation et Développement.

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